La vie selon le bois

03 mars 2012

Promenade

Le long des routes fleurit la saison des panneaux « migration de batraciens ». Dans l’étang dont la surface réfléchit le ciel gris de Belgique, des dizaines de grenouilles s’agitent lorsque j’approche chaussée de mes grosses bottes.

Elles se figent, dans l’attente affolée que le danger s’éloigne, sans leur faire le moindre mal de préférence. Dans le ciel, tout là-haut passe un héron gris, au vol lent et digne. Le vent est absent. Quelques mésanges bleues passent dans l’allée, s’arrêtant sur le groseillier, goûtant aux boules de graines pendues un mois plus tôt. Se rejoignent sur le cerisier, repartent sur le bouleau, se disputent, s’apostrophent, se chamaillent… Je dirige mes pas vers le fond du village. En chemin, je passe devant le verger où les oies salies de boue passent leurs journées au rythme de leurs envies. De l’autre côté, un pré d’un vert irlandais attend que les moutons reviennent le peupler. Plus loin, chez l’apiculteur, le gros chien qui d’habitude aboie sur les plus petites ombres n’est pas là. Mais le nid construit au-dessus de la route que j’avais déjà repéré est toujours sur sa branche, et vide. Les ânes ne sont pas encore revenus dans leur prairie, mais les dizaines de moineaux qui peuplent les haies frôlent mes mains, jouant à la course entre un noisetier et un sureau.

Il y a dans ces scènes de quoi me rendre sentimentale. Une petite musique emplit mes yeux, et ajoute une dernière touche de poésie à ces moments de solitude, sur la route.

Près du cimetière, on voit loin en avant, vers le bois, vers les champs. Si l’on se retourne, on devine la grande route au bout du chemin. Mais ce qui m’intéresse, c’est le vert des friches, tachées du brun des taupinières. Je sens la brise soufflant le printemps sur la campagne. Les arbres frémissent et sentent bon le réveil. Le temps qui passe pousse souvent l’humanité à se presser encore et encore, à le détester, à vouloir l’arrêter, le tromper. Mais comment ne pas apprécier, année après année, le renouveau perpétuel, la fête des sens, l’exposition plus artistique que tout ce que nous avons jamais inventé, et ensuite le doux sommeil recouvert de son édredon blanc ? Comment ne pas apprécier la beauté de la friche ? Le petit sauvage de nos régions ? Comment ne pas tomber en arrêt, captivé par l’observation de la vie qui se dévoile à chaque regard ? Inutile qu’un grand évènement se déroule, puisque tout est un grand évènement. La couleur des feuilles, le gémissement des arbres sous la force du vent sont tout aussi impressionnants que la fuite désordonnée de biches surprises à l’entrée du bois un soir d’été. Nous sommes si blasés, les « petites choses » ne nous arrachent plus les exclamations joyeuses de notre enfance. Je connais peu de sensation aussi belle qu’une chanson offerte au vent, suivant son rythme des mains, qu’une sieste de l’âme, allongée dans l’herbe. Quoi de plus reposant qu’une heure calme, assise sur le petit pont de pierre, le regard perdu entre le ciel et la terre ? Ce sont ces moments-là qui nous prouvent que nous faisons partie du monde qui nous entoure. Que la connexion n’est pas perdue, juste oubliée. Il suffirait d’une année à vivre au rythme de la Nature pour nous souvenir que nous avons des ailes, tout comme les oiseaux.

Les poules sur le chemin s’enfuient, l’air choqué bien avant que j’arrive à leur hauteur. Le bois affiche les teintes de sortie de l’hiver. Ces couleurs qui cachent mal qu’elles ont plus d’un tour dans leur sac, et qu’elles nous préparent un feu d’artifice de printemps. Je m’enfonce dans la boue, glisse et m’intéresse aux sons que je produis. Ils ont goudronné une partie du chemin du bois, quel dommage. Juste à l’endroit où un petit ruisseau enjambait le sentier. A la fin, je devrais longer la grande route pour me rendre à la ville.

J’ai hâte de faire demi-tour pour ne plus sentir les bruitages de la société des hommes.

Le rêve, la paix, la méditation, la sagesse, l’harmonie de l’équilibre se trouvent dans les friches, dans ce qui échappe aux dogmes de l’humanité. Thoreau disait que le monde était de plus en plus dénué de charme au fur et à mesure que l’Homme domestique son environnement. Si tu savais, mon ami. Tu avais sans doute vu venir la déforestation massive, la pollution infernale, l’économie de l’inutile et la prison psychologique de tes semblables, mais comment aurais-tu pu imaginer de telles aberrations ? De telles exagérations ?

Je puise dans mes maigres ressources les paysages me transportant ailleurs, et complète la vision de mon imagination… Comment était l’emplacement de mon village lorsque la forêt régnait en maîtresse absolue ?

I

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02 mars 2012

Ma réalité d'aujourd'hui est figée dans le brouillard

Quand on a demandé au Dalaï Lama qu’est-ce qui le surprenait le plus au sujet de l’humanité, il a répondu : « L’Homme, parce qu’il sacrifie sa santé pour l’argent ensuite il sacrifie tout son argent pour recouvrer la santé. Par la suite il est tellement anxieux au sujet du futur qu’il ne profite pas du moment présent ; le résultat est qu’il ne vit ni le présent ni le futur, il vit comme si il était immortel et il meurt n’ayant jamais vraiment vécu…"

^^

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28 février 2012

Dis(c)thons...

"Pêche un poisson pour un homme, il mangera un jour, apprend-lui à pêcher..."

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26 février 2012

Pancakes

Il est de notoriété publique que je suis une personne gourmande. Je démens formellement cette affirmation : je ne mange pas n’importe quoi, et je fais vraiment attention à ne pas exagérer sur le sucre, le sel et le gras (je suis à la lettre les préceptes santé du poireau, du navet et des oranges de Nickelodéon) et à bouger pour garder la forme.

Mais parfois, j’aime bien me faire plaisir (quand mon portefeuille ne revêt pas son écharpe de porc-épic) à peu de frais et le plus « naturellement » possible. Vous connaissiez déjà mon penchant pour les crêpes, le pain et autres bidules. Je vais vous dévoiler ma nouvelle folie : les pancakes. Quoi ? Comment çà « rien d’original » ?!

L’avantage des pancakes (à mon sens) c’est qu’ils demandent beaucoup moins d’ingrédients (et sont donc plus économiques) que les crêpes, et ils sont plus rapides et plus simples à faire (à nouveau, c’est une question de perspectives) mais comme ils sont supers épais, çà rempli plu qu’une crêpe tout en nous laissant assez d’ingrédients que pour recommencer le lendemain (et je trouve que c’est moins gras, à partir du moment où la recette comporte moins de beurre et de sucre, et où le sirop d’érable et le beurre fondant ne sont qu’accessoires).

Bref, j’ai découvert dans un mini manuel de cuisine pour les goûters d’enfants cette super recette qui permet de faire des pancakes super réussis !

Donc voici ma super recette de supers pancakes super réussis :

(Avertissement ex-utero de ma maman : beaucoup de vaisselle est requise, pas top pour l’économie d’eau lors du nettoyage, mais je suis certaine que j’arriverai à m’améliorer la prochaine fois pour faire moins de vaisselle ^^)

Pour 4 personnes, préparation : 15 minutes, attente : 30 mn, cuisson : 15 min

Ingrédients :

-          170 g de farine

-          25 g de sucre

-          20 cl de lait

-          1 sachet (petit) de levure

-          3 œufs

-          50 g de beurre (en fait il y a besoin de beaucoup moins que çà, vous verrez !)

-          Sel

 

Réalisation :

Mettez 30 g de farine dans un bol avec la levure et arrosez avec 3 cuillerées à soupe de lait, mélangez rapidement. Versez le reste de farine dans un saladier, faites un puits, ajoutez 2 pincées de sel, le sucre et les œufs battus au préalable dans un bol à part. Mélangez bien. Incorporez le levain puis le reste de lait. Mélangez et laissez reposer pendant 30 minutes dans un endroit tempéré, en recouvrant le saladier d’un essuie de cuisine (torchon pour nos amis frenchies).

Faites chauffer une petite noisette de beurre dans un poêle, versez une petite louche de pâte et faites cuire pendant 1 minute environ. Retournez le pancake dès qu’il est doré et faites cuire de l’autre côté. (Remarque : le pancake est par définition d’un diamètre beaucoup plus petit que la crêpe, et il gonfle et devient épais dans la poêle, donc prenez une petite louche pour verser la pâte et faites des pancakes de plus ou moins 10 cm de diamètre, ce sera parfait !)

Déposez sur une assiette et réservez-les au chaud. Préparez les autres pancakes de la même manière. Tartinez-les de sirop d’érable et servez immédiatement.

(Ca va aussi avec du sucre, de la confiture, de la cassonade, du choco, etc.) Ce qui est marrant c’est qu’au fur et à mesure qu’on cuit les pancakes çà forme une tour qui se balance dans tous les sens ^^ Enfin, à moi, çà me paraît marrant…

Les avantages de cette recette, selon moi :

-          Moins d’ingrédients que les crêpes

-          Plus nourrissant également

-          Pas besoin de matériel électrique pour mélanger : un bon fouet et de l’huile de coude suffisent

-          Moins gras que les crêpes dans lesquelles souvent on ajoute plus de lait, du beurre fondu, plus de sucre, etc.

-          Plus petits, plus transportables pour être réchauffés au bureau ou autre…

Bon appétit!

pancakes

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25 février 2012

By the sea

Salut les gens,

Non, je ne m’excuserai même pas pour le long, long, très long blanc qui s’est installé sur ce blog. Parce que j’ai une super bonne raison de la mort qui tue : le plafond de l’appartement italien nous est quasiment tombé sur la tête (infiltrations, inondations, déflagration…) et que nous vivons en ce moment-même comme des romanichels dans une seule pièce faisant office de cuisine - salle à manger – bureau - chambre à coucher – salon… C’est pas facile.

Je préfèrerai largement camper, au moins, je serai certaine de ce que j’ai !

Pour l’instant nous aérons un maximum, parce que tout le plafond est imbibé d’eau et que çà pue gaiement le moisi et l’humidité. « Heureusement » qu’il fait beau ces jours-ci.

Donc voilà, en ce moment, c’est la guerre. Pour vous dire combien j’ai l’esprit si bien rempli de choses qui me dépassent : je ne sais même pas quel sujet écologique aborder avec vous. Alors on va causer de ma vie, si çà vous gêne pas.

L’autre jour, j’ai vu un film qui m’a beaucoup plu (si certains d’entre vous l’on vu aussi, faites-moi signe dans les commentaires !) : « Un heureux évènement » (cliquez sur le titre pour voir la B-A). Ou comment aborder la maternité d’un autre point de vue. Et figurez-vous que ce film a provoqué en moi de belles et longues réflexions sur la maternité, la vie de couple, le mariage, les enfants, les relations sociales, etc.

Et j’en ai conclu qu’à mon humble avis je dois être une sorte de sociopathe, rien que çà. Sans blague. Je vous expliquerai çà dans un autre article vide-cœur si vous le voulez bien, parce que là j’ai trois heures de marche en ville dans les pattes, je vais devoir faire deux kilos de pain, coudre un truc énorme et j’ai pas mal de stress à évacuer, et pour expliquer mon opinion il faut que je sois à mon top niveau.

Ensuite, j’ai envie de mer. J’ai envie d’espace. Tiens, j’irai carrément vivre à la mer ! Mais pas celle des pays du Sud, plage de sable blanc, eau à 20°C et soleil toute l’année. Nan. Moi je veux la mer du Nord, le vent, la pluie, le soleil froid, les longues plages sans personne, le gris de l’eau et le beige du sable, l’iode et les mouettes. J’ai un besoin d’oxygène et d’horizon sans fin qui ne s’explique pas. J’en ai marre de la ville, j’en ai marre du trafic, des gens qui crient, des gamins qui hurlent, des écoles, des camions, des supermarchés bondés, des files d’attente, du vacarme, du béton, de l’acier, des chaînes sociales et des entraves imaginaires. J’en ai ma claque. J’me vois bien tranquille pépère, en bord de mer, les pieds dans le sable et le vent dans les cheveux (après c’est pagaille pour tout démêler sous la douche, mais ce sont quand même des sensations et des instants qui forment les souvenirs de la Mer avec un grand « M »), les coquillages, le large. J’aurai bien envie d’une petite barque tiens ! Pour aller me promener les beaux dimanches dans les petites rivières calmes d’un pays plat.

En fait, j’ai relu (trois fois) « La Comtesse des Digues » de Marie Gevers. J’avoue.

Puis j’ai des amis qui m’ont montré leurs (923 !!!!) photos de l’Irlande. Ces prairies vertes au bord des falaises. La mer, la MER ! Les moutons !!! La météo, changeante et incertaine !

-          Rien à faire, je déménage, je vais à la mer.

-          Quelle mer ?

-          N’importe laquelle, du moment que ce soit la Mer comme moi je la veux.

Tiens, je partage avec vous les images qui me trottent dans la tête depuis deux semaines, ainsi peut-être que je ne serai pas la seule à entendre au fond de ma valise le bruit des vagues…

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mer

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moi jai un reve

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16 février 2012

Pray for my soul

Avec tout le respect que je dois à Whitney Houston...

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31 janvier 2012

"Peace"... And all is said

peace

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